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La liste rouge des oiseaux de métropole

31 mai 2011 3 753 vues 0 commentaire

Les 568 espèces d’oiseaux recensées en France appartiennent à une ou plusieurs des 3 catégories :

  • Ce sont des nicheurs : qu’ils vivent à demeure ou qu’ils soient migrateurs, ces oiseaux se reproduisent en métropole.
  • Ce sont des hivernants : ces oiseaux se reproduisent sous d’autres cieux, généralement en se rapprochant du cercle arctique. Ils viennent passer l’hiver en métropole, quand au nord il fait bien trop froid et que les ressources sont trop faibles.
  • Ils sont de passage : la métropole est une étape sur le chemin qui les mène à ou les ramène de leur lieu de reproduction.

L’UICN de France (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) vient de publier un rapport concernant les populations d’oiseaux qui nichent, hivernent ou sont de passage en métropole. Le constat est inquiétant sur plusieurs espèces pour différentes raisons. Le réchauffement climatique serait presque la raison la plus rassurante de la disparition d’espèces sur notre territoire. La montée continue de la température moyenne entraîne un déplacement des lieux de nidifications. Les oiseaux remontent toujours plus au nord pour se reproduire. Du coup une espèce qui disparaît en France n’est pas nécessairement en danger à l’échelle européenne ou mondiale. Le pingouin torda et le macareux moine sont dans cette situation. Ils sont en danger critique sur les côtes françaises mais ne sont pas menacés à ce jour au niveau mondial. Il faut pourtant rester prudent car on a appris également ces jours ci que l’année 2010 est une année record en émissions de CO2. Des émissions de CO2 qui sont la première cause au réchauffement climatique avec une projection d’une augmentation de 4°C d’ici à 2100. Un tel écart n’entraînera sans doute pas qu’une montée au nord de la nidification puisque les ressources en nourritures se trouveront également profondément affectées.

En dehors de cette raison pas si rassurante que cela, il existe d’autres raisons qui entraînent une baisse importante des populations de certaines espèces. Pour les oiseaux marins, la présence d’hydrocarbures reste une importante cause de raréfaction. Les marées noires du passé ont certainement encore un impact et les dégazages sauvages de commandants sans lois de navires marchands créent toujours de nouvelles pollutions.

Un balbuzard qui fait des cercles avant de fondre sur sa proie

Le balbuzard pêcheur considéré comme vulnérable par l'étude

Les rapaces restent eux, malgré la protection réglementaire dont ils sont l’objet aujourd’hui, les victimes de tirs au fusil et d’empoisonnements par des appâts spécialement préparés pour cela. C’est le cas du milan noir dont la France est une des terres de prédilection. L’aigle de bonnelli se raréfie car ses proies, les lapins de garenne ou les perdrix rouges,  sont moins nombreuses. Il est également victime des lignes à haute tension sur lesquelles il s’électrocute.

Les observateurs du comité français de l’UICN se sont intéressés à 389 espèces d’oiseaux sur les 568 espèces qui ont été recensées en France. Sur cette population, 277 oiseaux sont considérés comme des nicheurs. 26% de ces nicheurs sont en risque alors que le niveau de risque au niveau mondial concerne 12% des espèces d’oiseaux. Certains, comme le moineau friquet, sont à surveiller car l’évaluation le considère comme étant quasi-menacé. D’autres sont en danger critique comme la Pie-grièche à poitrine rose. Il reste à ce jour, en France, 30 à 40 couples de ces passereaux. La situation de cette espèce n’étant pas plus enviable dans les pays voisins (Italie et Espagne).

L’étude note également que pour certaines espèces le déclin est très rapide. Ainsi la population du bouvreuil pivoine, un oiseau pourtant commun, a diminué de 60% en 20 ans. Le rapport note toutes les causes comme la disparition des milieux humides qui étaient une étape pour les oiseaux de passage comme la phragmite aquatique ou la cigogne noire. Les pratiques agricoles sont également pointées du doigt avec des fauches précoces et mécanisées qui ont sans doute entraîné une surmortalité des poussins du râle des genêts qui se retrouve en danger de disparition.

Pour ne pas être défaitiste, le rapport montre également que les efforts faits sur la conservation de plusieurs milieux humides ont porté leurs fruits. Cela s’est révélé positif pour la protection de blongios nain ce petit héron qui se cache magnifiquement dans la végétation des étangs. Quand la population d’autres pays le permet, la réintroduction de spécimen est possible. Plusieurs lâchers de vautours moines commencés en 1992 ont permis une nouvelle nidification en France quelques années plus tard. Cette espèce avait pourtant complétement disparue de métropole.

Une étude préoccupante qui donne quelques lueurs d’espoirs dont le détail est disponible ici : Liste rouge des oiseaux UICN. Vous y trouverez les exemples détaillés de certaines espèces et la liste exhaustives des espèces étudiées accompagnées du degré de menace qui pèse sur elles en métropole.

Sur cette longue liste des oiseaux en danger, je n’ai à ce jour que des images de deux d’entre eux: le moineau friquet et le balbuzard pêcheur (des couples viennent se reproduire sur l’étang de Saint-Quentin ou sur les étangs de Hollande). C’est sans doute le signe que les autres ne sont déjà plus des espèces faciles à observer et que je dois aussi changer mon périmètre de chasse photographique.

Ressources liées à l’article :

Images d’oiseaux

Quiz sur les oiseaux

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